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Pierre-Yves Aujoulat Interview |
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Les auteurs SIGNE DE PISTE |
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Signe de Piste : Avant même la parution de votre premier roman aux éditions du Triomphe « Sur les traces du Chevalier d'Apremont », en 1999, les éclaireurs des Scouts Unitaires de France pouvaient suivre tous les deux mois dans leur revue « Woodcraft » un roman feuilleton signé Aujoulat. Avez-vous vous-même été scout ? Pierre-Yves Aujoulat : J'ai été scout, oui ; louveteau, plutôt. Je n'en ai pas que de bons souvenirs. C'est pour ça que j'ai arrêté très vite. Plus tard, je suis devenu chef de troupe aux Scouts de France à Plaisir (78). La maîtrise se composait de deux sergents de l'armée française qui, outre leur sens pratique et leur sens du terrain hors du commun, étaient dotés d'un humour proverbial, ainsi que d'une infirmière et d'une quatrième personne, charmantes et toujours disponibles. Nous avons travaillé quatre années ensemble, quatre années inoubliables. Au départ la troupe comptait dix scouts. A la fin, l'effectif frôlait les quarante. Comme le montrent peut-être mes romans, j'ai un petit peu d'imagination. Mon rôle essentiel, en dehors du terrain, était donc de trouver des idées de jeux et d'aventures, et de structurer les camps et les sorties autour de ces idées. Comment avez-vous découvert la collection Signe de Piste ? J'ai découvert la collection Signe de Piste très tard : vers 20 ans. En devenant chef de troupe, je me suis plongé dans les romans qu'on m'avait offerts dix ans plus tôt ! Romans que je n'avais jamais lus ! Vers 25 ans, j'ai également découvert la collection Joyeuse, l'équivalent Signe de Piste pour les filles Cette découverte a été capitale pour moi. Y a-t-il des titres et des auteurs qui vous ont marqué ? Les deux livres qui m'ont le plus marqué sont Le Bracelet de vermeil de Serge Dalens, et Master-Kouki de Joëlle Danterne, collection Joyeuse. Pensez-vous avoir été influencé par certains d'entre eux dans l'écriture de vos romans ? Contrairement à ce qui a pu être dit ou pensé, je ne me suis pas inspiré du Bracelet de vermeil pour écrire ma série Apremont. J'ai littéralement adoré ce roman de Dalens pour deux raisons : l'intrigue y est palpitante ; et surtout, les héros, Eric et Christian, ne sont pas des personnages "légers", des personnages de pacotille. Ils sont préoccupés, presque hantés par un malheur qui pèse sur leurs familles, un malheur qui les empêche d'être libres. Mais finalement, ils trouvent les ressources en eux pour s'affranchir de ce joug. C'est ce thème que j'ai aimé. Avant de lire le Bracelet de vermeil, j'avais déjà écrit trois romans (non publiés) qui traitaient du même thème. La série Apremont s'inscrit dans cette suite logique. Un petit mot sur Master-Kouki. J'ai toujours su que ma mère avait choisi mon prénom (Pierre-Yves) d'un roman qu'elle avait lu, enfant. J'ai découvert à 25 ans qu'il s'agissait de Master-Kouki. Un jour, ma mère m'a donné ce roman à lire en me disant : "Je n'aurais jamais imaginé que tu ressemblerais autant au personnage dont tu tiens le prénom..." J'ai été ébahi ! Y a-t-il une part autobiographique dans les aventures des Faucons d'Apremont ? Passiez-vous vous-même vos vacances à parcourir domaines et forêts avec une bande de cousins ? Effectivement, je passais mes vacances dans de grandes maisons perdues dans la forêt, en compagnie d'autres enfants, cousins ou non. Aujourd'hui, je vis à Paris, mais mon désir le plus cher, si c'est compatible avec les contraintes professionnelles, serait de vivre dans une maison entourée de forêts et de champs. Vous êtes-vous inspiré de personnes réelles ? De lieux réels ? Je m'inspire effectivement de personnages réels : Rémi Delorge, l'expert en tableaux anciens ; Virginie, la jolie fiancée restauratrice de tableaux ; Aurélien, le garçon futé comme un renard (tomes 3 et 4)... Tous ces personnages existent réellement En ce qui concerne les Faucons, ils ont tous été baptisés avec des prénoms d'enfants que je connais et qui m'ont marqué par leurs traits de caractère. Tous sauf Thibaut ! Pourquoi ? Je vous laisse deviner… Statues, tableaux… Le sujet revient régulièrement dans vos romans. Êtes-vous un passionné d'art ? Je suis effectivement passionné d'arts anciens : essentiellement sculptures et tableaux. L'art est omniprésent dans Les Faucons en danger. J'ai cité dans ce roman toute une liste de mes peintres préférés, la tête de proue restant Murillo, peintre sévillan du XVIIème siècle. En sculpture, c'est Jean-Baptiste Carpeaux, sculpteur valenciennois du XIXème siècle qui arrive en tête. Je consacre des heures interminables à visiter les musées partout où je passe (Rome, quel bonheur !) ou à me plonger dans les monographies des peintres et des sculpteurs. Et encore, j'estime que je n'ai pas assez de temps. Chaque jour, presque, je découvre de nouveaux artistes restés dans l'ombre des très grands… C'est un voyage féerique à travers le temps. Comment et quand écrivez-vous ? Vous y prenez-vous à plusieurs reprises ? Sur un brouillon ? Manuscritement ? Directement sur ordinateur ? Plutôt le matin, le soir, le week-end, en vacances, etc… ? Je démarre un roman quand j'ai découvert une idée forte. Ensuite, je me laisse porter par l'inspiration. Je n'ai pas de plan. L'histoire se révèle à moi au fur et à mesure que je l'écris. Pour cette raison, je peux écrire partout : dans le métro, au cinéma avant le film, dehors quand je marche, ou alors chez moi quand je me donne plus de temps. Dans la série Apremont, le premier jet est pratiquement toujours le bon : je ne reviens pas sur ce que j'ai écrit. Quand il m'arrive de sécher, je n'écris rien. Je préfère me projeter plus loin dans le récit. Ensuite, je reviens et je bâtis les passerelles. Pour l'illustration de vos romans, soumettez-vous des idées à Emmanuel Beaudesson ? L'avez-vous déjà rencontré, le connaissez-vous ? J'ai découvert les dessins d'Emmanuel Beaudesson dans des calendriers scouts : je les trouvais ravissants. J'ai donc proposé aux Editions du Triomphe de le contacter pour illustrer mes récits : ça a marché. Je me réjouis de cette collaboration. Emmanuel Beaudesson est totalement libre de ses dessins : je ne lui donne aucune indication. Nous nous rencontrons de temps en temps lors de journées de dédicaces. Ce fut par exemple le cas à Marcq-en-Baroeul. Propos recueillis par Eric Bargibant. Article paru dans le bulletin « Signe de Piste » n°63 (décembre 2004) |

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