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Jean-Dominique Formet Interview |
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Jeune lectrice devant réaliser un exposé sur son livre préféré pour le cours de Français, Marie a interrogé Jean-Dominique Formet. Elle nous livre l'interview de l'auteur de la nouvelle série à succès de la collection Totem : « Ségolène ». Jean-Dominique Formet, qui êtes-vous ? Eh bien j'ai (environ) 45 ans, je suis Parisien, et Breton d'adoption depuis huit ans.
Dans un sympathique village, au Nord de Rennes.
Quatre garçons et une fille en dernier. Dans l'ordre : Benoît, Jean-Nicolas, Etienne, Erwan, Marie-Ancolie. J'en ai plein, et pas assez de temps, c'est ça mon problème ! Je joue du piano et de l'orgue, j'apprends à piloter un avion, je fais de l'alpinisme (pas souvent hélas), du ski de randonnée (du hors piste, quoi), voile, planche à voile, parapente… et bien sûr, l'écriture ! L'écriture est intéressante parce que l'on peut la pratiquer n'importe où, n'importe quand : dans le train, dans un café, dans son lit (j'aime beaucoup écrire dans mon lit, avec l'ordinateur sur les genoux), au boulot, j'ai même écrit parfois dans ma voiture en attendant la sortie de l'école… Écrivain, c'est votre métier ? Non. Je suis informaticien, j'ai pratiqué pendant une bonne quinzaine d'années dans un grand groupe, mais j'ai récemment acheté une petite boutique en centre ville de Rennes pour vendre des copies d'œuvres d'art, notamment en collaboration avec le musée du Louvre. C'est assez amusant et ça me change un peu des ordinateurs. Avez-vous écrit d'autres livres à part la série "Ségolène" ? J'ai fait quelques essais, mais rien d'abouti pour l'instant. Écrivez-vous depuis longtemps ? Je crois que je m'y suis vraiment mis aux alentours de 1999. Écrivez-vous pour le plaisir ou dans le but d'une parution ? Je prends beaucoup de plaisir à écrire. Je m'amuse énormément. Faire marcher son imagination, sa créativité, est un plaisir qui dépasse tout le reste (télé, cinéma… et même la lecture). Mais évidemment, le but de l'écriture est de partager. Partager avec d'autres êtres humains mes centres d'intérêt, mes émotions, mes connaissances, mon enthousiasme pour telle ou telle chose, ce que je crois vrai aussi, etc, etc... Et donc, il faut être édité (et lu), sinon, écrire resterait quelque peu stérile. Autour de l'écriture, il y a aussi le monde de la littérature (auteurs, éditeurs, illustrateurs, lecteurs…) qui est très riche et permet d'échanger avec des gens très intéressants (comme toi par exemple, Marie ?). Avez-vous déjà eu des remarques sur vos livres ? Sur le premier, avant qu'il ne paraisse, tout plein. Comme je débutais, j'ai fait plein d'erreurs, le bouquin était trop gros, il y avait des invraisemblances un peu criantes, des personnages ambigus, des dialogues gnangnan, plein de passages à supprimer. L'éditeur m'a beaucoup aidé. Il continue toujours à me faire des remarques, à me dire que je suis un esprit loufoque et bizarre. Mais je crois que c'est pour rire. Avant d'envoyer un manuscrit, mes enfants et mon épouse le lisent, ils me font des tonnes de remarques. Ensuite, après la parution, j'ai des retours (comme le tien). En général c'est assez positif. Comment vous est venue l'idée d'écrire un roman d'aventure pour "les filles" ?! Je trouve qu'il y a beaucoup de livres d'aventures pour les 12-15 ans (et plus ?) dont le héros est un garçon, et très peu avec une héroïne. On donne en général aux filles des bouquins un peu psycho, ou orientés vers des pôles d'intérêt à priori féminins (danse…), qui sont très bien d'ailleurs, mais pas assez mouvementés à mon goût. Mais la vraie raison sans doute, c'est que ce sont les filles qui m'inspirent, davantage que les garçons. Et quand on y pense bien, après tout, c'est sans doute normal ! Vous êtes-vous inspiré de votre propre expérience de "fugue" ou de celles de vos enfants ? En fait, je me suis inspiré d'une mini-fugue accomplie sous mes yeux par la fille de bons amis rennais chez qui nous étions invités un soir. Elle est partie toute seule vers 23 heures, et elle est revenue 3 heures plus tard. Elle avait quinze ans à l'époque. Elle s'est assagie. Elle m'a donc donné tout naturellement le personnage d'éliane. J'ai juste changé son prénom. Et maintenant sur "Une fugue pour Ségolène" : Ségolène, Nolwenn, Patou, Nicolas et Marc-Antoine se rapportent-ils a certains de vos proches ? Non, pas vraiment. Les seuls qui existent réellement sont éliane et Clotilde, deux jeunes filles (ravissantes évidemment) de mon entourage. Dans le deuxième, la famille de Savoie existe réellement, sauf Yolande qui est inventée. Dans le cinquième, j'insère d'autres personnages existants. Selon vous, quel est le thème le plus important dans ce tome 1 ? Mon thème le plus important, celui que, je crois, je veux transmettre d'une certaine manière, c'est une idée simple : la vie est belle. Je pense souvent à ces adolescents qui se suicident (plus de 600 par an, à ce qu'il paraît) alors qu'ils n'ont eu que très peu d'expérience de la vie. La vie, c'est ce que nous voulons qu'elle soit. Elle peut être ennuyeuse au possible, petite et sordide, elle peut être formidablement intéressante. Et fondamentalement, c'est dans notre tête que ça se passe. Dans notre capacité à rêver, à avoir des projets, à réaliser nos rêves, à saisir les opportunités, à dire oui, à prendre des risques, aussi à nous préoccuper des autres, échanger, etc… Je pourrais développer cela pendant des heures je crois. C'est pour cela que mon héroïne, malgré les difficultés qu'elle rencontre, reste toujours positive, ouverte, confiante dans son avenir. Elle n'a pas le moindre doute, et elle a raison. Comment avez-vous eu l'idée de "fugue" ? Et l'idée d'imaginer que ça puisse avoir un rapport avec les services secrets français ! La fugue est une idée intéressante à traiter, d'abord parce c'est un fait réel, qui concerne des adolescents un peu tourmentés, qui ont une certaine souffrance en eux, vraisemblablement inhérente en partie à leur difficulté de communiquer leurs émotions aux adultes. Mais je suis relativement loin de ces considérations, je ne voulais pas faire un bouquin « psy » un peu barbant. En fait, c'est plutôt l'idée de rapt qui m'arrangeait bien. Et il est plus simple de capturer des jeunes filles sans défense qui se baladent dans les rues, à des heures impossibles. De plus, j'ai eu un exemple de fugue sous les yeux (voir plus haut). Quant à le relier aux services secrets, c'est plutôt amusant, non ? Pourquoi l'héroïne est-elle une fille, une adolescente de 15 ans ? Je trouve intéressante l'idée d'avoir une héroïne pleine de qualités féminines (douceur, beauté, fragilité…) et de l'immerger soudain dans un monde de brutes (agents secrets, bandits, terroristes…). Elle ne peut compter dans les situations difficiles que sur son intelligence et non sur ses muscles ou ses poings comme un garçon. Et puis 15 ans, c'est l'âge ou la fille commence à prendre de l'autonomie, qu'elle se transforme en « jeune fille », qu'elle commence à faire rêver les garçons…
Sans doute, cela va venir, qui sait ? Et pour finir, parlons des prochains tomes : Savez-vous combien de tomes y aura-t-il encore sur cette jeune héroïne ? Non, aucune idée. J'espère être capable d'en écrire tant que l'on m'en demandera. Mais je ne veux pas tomber non plus dans la routine et réécrire constamment le même bouquin. Alors on verra…
J'aimerais écrire plein de choses, j'ai un roman d'amour qui me trotte dans la tête, je pense qu'il sortira un jour, j'aimerais aussi écrire un roman historique, et un roman style « thriller technologique », une série pour les jeunes plus axée « magie, merlin, graal, Brocéliande… » mais traité avec humour, et encore plein de projets très différents. Mais il faut du temps… n Propos recueillis par Marie. Interview parue dans le bulletin « Signe de Piste » n°66 (janvier 2006) |

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