Jean Cueilleron

Interview

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Avril 2008, l'évènement Signe de Piste : Exposition et dédicaces à Paris et Versailles

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Les auteurs

SIGNE DE PISTE

Il fait partie avec Jean-Louis Foncine et Serge Dalens du trio de tête des ventes de la collection Signe de Piste. Avec 8 romans déjà publiés, Jean Cueilleron est un auteur heureux. Le succès est au rendez-vous, et les lecteurs aussi. Il suffit pour s'en rendre compte de l'accompagner dans les salons du livre ou lors de ses nombreuses rencontres avec des élèves dans des collèges.

Scientifique de formation, Jean Cueilleron s'est lancé dans le roman "d'anticipation". Rien à voir avec de la pure science-fiction. Les ingrédients d'un excellent Signe de Piste sont tous réunis dans sa " saga ADN ": aventure, suspens, humour… Le tout dans un style dynamique et fluide. Un véritable plaisir. Jean-Louis Foncine parle même d'un " nouveau Jules Verne "!

Nous sommes allés le rencontrer lors de son passage à la Foire du Livre de Bruxelles…


Jean Cueilleron, vous êtes scientifique de formation. Comment en êtes-vous venu à l'écriture ?

Effectivement, j'ai fait des études techniques en electro-radiologie médicale. Par la suite, j'ai créé et dirigé le service de radiodiagnostic médical de l'Orcet à Hauteville. Jusque dans les années 80, j'ai poursuivi une formation continue et j'ai été chargé de cours en bioévolution et anthropologie sociale. Par la suite, j'ai étudié la physique des particules, la cosmologie et la bioastronomie. Voilà pour la formation scientifique ! Et il y quelques années, le hasard me conduit à avoir une conversation avec un Inspecteur général de l'Education Nationale sur le problème des orientations scolaires. Il s'inquiétait du déficit de la France en scientifiques et techniciens, se demandant quel moyen original serait susceptible d'influer les scolaires ou les étudiants pour augmenter les vocations dans ces domaines.

Au cours de la discussion, il fit une réflexion qui attira mon attention. En prenant comme référence Jules Verne, il pensait qu'aujourd'hui encore, un écrivain pouvait tenter un essai de vulgarisation scientifique, en prenant comme support le roman d'aventure. Cela n'est pas tombé de l'oreille d'un sourd ! Et j'ai tenté l'expérience.

L'un des grands intérêts de votre œuvre, c'est qu'elle a un objectif clairement pédagogique…

Exactement. On peut résumer mon " projet littéraire " en trois points. Tout d'abord sensibiliser les adolescents à un choix d'orientation vers des études scientifiques ou techniques, en développant dans mes aventures romanesques des sujets précis et documentés, en particulier dans le domaine de l'astrophysique.

J'ai également voulu répondre aux préoccupations croissantes de la jeunesse, sur le devenir de l'Homme et de sa planète, comme sur l'évolution de la science, dans des domaines lui posant des interrogations.

Enfin je cherche aussi à apporter aux jeunes une nouvelle confiance dans le futur de l'Humanité et une ouverture sur l'immensité du cosmos, berceau de la Vie.

Vous avez également voulu vous entourer de spécialistes pour vous conseiller dans tous les domaines. Ainsi, par exemple, la quasi totalité des techniques utilisées dans la base de l'Arche, dans " Mission ADN 1 " existent déjà ou le seront dans un futur très proche…

Oui. Les trois bases Alpha, Bêta et Gamma sont techniquement réalisables. Mais l'inconvénient majeur est celui du prix. Je l'ai fait chiffrer par un spécialiste. Cela se compte en centaines de millions d'Euros.

Pour en revenir aux " spécialistes " qui m'ont conseillé, je citerai tout d'abord Jean-Louis Foncine dans le domaine " littéraire ". Ses conseils m'ont été très utiles, car on ne s'improvise pas romancier du jour au lendemain !

En ce qui concerne la partie scientifique, il y a bien entendu mon ami le professeur Jean-Marie André, docteur en sciences, de l'Université de Louvain, et membre de l'Académie royale de Belgique. Le Vice Amiral d'Escadre Jean Lorrain m'a conseillé pour tout ce qui touche la base de survie de " Mission ADN 1 ". J'ai aussi reçu l'aide de M. J. Guillermain, ingénieur polytechnique ainsi que celle du Docteur C. Rosati, conseillère médicale.

Mais aussi toutes les questions " éthiques " ont été contrôlées par Monseigneur Michel Montdésert. Et cette liste ne serait pas complète sans M. Prieur, Inspecteur Général de l'Education Nationale pour la pédagogie.

Tout cela pour rappeler que nous ne sommes pas dans un roman de pure science-fiction, mais un roman d'anticipation, fondé principalement sur le progrès technologique avec des bases scientifiques exactes.


On m'a dit que vos livres sont étudiés par des élèves dans des collèges…

Oui. Je pensais au départ que ce serait dans des cours de physique. Mais en général, ce sont des professeurs de français qui s'intéressent à mes ouvrages.

Il m'arrive régulièrement de rencontrer des classes entières pour discuter sur les thèmes abordés par mes romans. Avec ces jeunes, c'est le mariage de la passion et de la sagesse. Ils attendent de connaître les motivations, les rêves et les illusions de l'auteur. En quelques heures, avec l'aide de leurs professeurs, avec leurs mots à eux, nous privilégions leur désir de croire en la vie, nous espérons en l'avenir et développons le goût de l'aventure… N'est-ce pas réconfortant ?


Mis à part ces rencontres dans des collèges, avez-vous des contacts avec vos lecteurs ?

Bien entendu. Et c'est une facette du métier d'écrivain que j'apprécie beaucoup. La plupart ont lieu lors de Salons du livre: Lyon, Paris, Bruxelles, Bordeau… J'ai aussi du courrier qui me parvient par l'intermédiaire de l'éditeur, et c'est vrai que beaucoup d'adolescents m'assurent de leur fidélité. Encore récemment, je recevais ce courrier d'une jeune lectrice: " ...encore bravo pour ce 4è tome. Il est merveilleux, je ne peux le dire autrement. Les aventures sont passionnantes et enrichissantes sur le plan scientifique… "

Et comment votre premier manuscrit a-t-il atterri au Signe de Piste ?

Un pur hasard ! Au cours d'une séance de dédicace, je rencontre Jean-Louis Foncine. Il me fait découvrir le " Pays perdu " et je lui présente mon manuscrit. Il accepte de le lire. Ecrivain confirmé et lecteur critique efficace, il me promet la réussite et m'encourage à la persévérance.

Je passerai sous silence ce que furent pour moi les cinq années suivantes, faites d'espoirs et d'attente dus aux tribulations d'une collection à la recherche d'un éditeur. Mais l'incroyable tenacité de Jean-Louis Foncine comme celle de Serge Dalens, qui déployèrent des trésors d'énergie pour sauver " Signe de Piste " fut finalement couronnée de succès. En 1992, " Mission ADN 1 " paraissait chez Fleurus, en même temps que " Ainsi régna le prince Eric " et " Le lys éclaboussé ". Depuis 3 autres tomes ont suivi…

Vous connaissiez, avant de rencontrer Jean-Louis Foncine, la collection Signe de Piste ?

Evidemment. A ce sujet, l'année 1938 s'impose à ma mémoire. A cette époque, je suis éclaireur à la IIIè Lyon SDF, second de la patrouille des Aigles, pour être plus précis. C'est cette année là que je dévore " Vingt mille lieues sous les mers ", " Voyage au centre de la terre ", " Cinq semaines en ballon " et autres ouvrages de Jules Verne. C'est cette même année que j'achète en librairie " La bande des Ayacks " qui vient de paraître, véritable chef d'œuvre. Je m'identifie sans réserve, comme l'a si bien dit l'auteur lui-même, à " une bande de garçons de mon âge qui n'acceptent pas l'inacceptable, qui réclament une place de choix dans le combat éternel contre la lâcheté, la bêtise, l'injustice et la haine ".

Un peu plus tard, je lis avec passion " Le bracelet de vermeil " et les autres volumes de la saga du " Prince Eric " de Serge Dalens. A cette occasion, je découvre que ces deux auteurs sont publiés par une collection, au nom évocateur de " Signe de Piste ", consacrée exclusivement à la diffusion de merveilleux romans pour adolescents.


Pensez-vous que les romans " Signe de Piste " que vous avez lu à cette époque ont eu une influence sur vous ?

Je dirais même des conséquences imprévisibles !

D'abord de me faire découvrir le rêve… Avec Jean-Louis Foncine et Serge Dalens, je rêve d'aventures faites pour moi et mes copains, peuplées de châteaux mystérieux, de forêts sauvages, de combats héroïques, de serments tenus, de courage indomptable.

Avec Jules Verne, je me mets à rêver d'explorations de forêts vierges et impénétrables, de peuples inconnus dans la lointaine Asie, d'expéditions au cœur de l'Afrique sauvage… J'imagine des machines volantes fonctionnant avec des énergies nouvelles… de merveilleux vaisseaux m'emportant dans l'espace à la découverte de planètes lointaines.

Je me jure alors de réaliser ces fantasmes d'enfance. Je me vois marcher sur la grande muraille de Chine… explorer une jungle sauvage… et surtout, je rêve d'écrire à mon tour un " Signe de Piste ", avec une couverture signée de Pierre Joubert !

En 1975, avec mon épouse et mon fils, nous explorons la forêt primaire du Taman Négara en Malaisie et la Jungle de Bornéo… En 1981, je marche sur la grande muraille de Chine ! Et en 1985, à l'approche d'un " repos sabbatique quasi illimité " (M. Cueilleron préfère cette métaphore et se refuse à employer le mot " retraite " ! N.D.L.R.), je me lance dans l'aventure littéraire. Et quelle aventure ! Mon expédition aux confins du Tibet ne fut qu'une aimable balade de santé comparée à l'incroyable parcours du combattant qui m'attendait ! Seulement voilà: je ne le savais pas !

Et en 1938, j'ignorais évidemment que " Signe de Piste " poursuivrait inlassablement son œuvre jusqu'à nos jours. Aujourd'hui, nous constatons que cette collection, contre vents et marées, est toujours debout. Pendant un demi siècle, elle a publié des centaines d'ouvrages d'aventures lus dans nombre de pays par d'innombrables lecteurs enthousiastes. Peu de collections de par le monde peuvent revendiquer un tel palmarès.

Pour moi, d'aventure en aventures, le rêve a rejoint la réalité !

Revenons à vous. Pendant et après la guerre, vous aviez arrêté le scoutisme ?

Pas du tout. J'ai, dès 1943, apporté ma modeste contribution à un réseau local de résistance puis, avec Edmond Wolff, mon assistant dans la Troupe SDF que je dirigeai, j'ai participé à des actions de sauvetage en zones bombardées avec la Croix-Rouge. Puis en 1946, j'ai dirigé la XVIIIè Lyon, une troupe qui deviendra peu après troupe " Raiders ", avec pas moins de 8 patrouilles.


Propos recueillis par Eric Bargibant.

www.signe-de-piste.com

© Pierre Joubert

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