Bertrand Poirot-Delpech

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Le Figaro, 14 novembre 2006

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Signe de piste

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Bertrand Poirot-Delpech, écrivain



L'académicien, journaliste et écrivain Bertrand Poirot-Delpech est décédé mardi à l'âge de 77 ans.

 

Ils étaient quatre amis, François-Régis Bastide (décédé en 1996), Jérôme Peignot, François Nourissier et Bertrand Poirot-Delpech. À l'annonce de la mort de ce dernier, l'académicien Goncourt s'est écrié : « C'est un grand pan de jeunesse qui s'écroule. » Soixante ans d'amitié les unissaient. Bertrand Poirot-Delpech était né à Paris, le 10 février 1929, d'une famille de médecins et d'universitaires. Comme les jeunes gens de sa génération, il avait été formé à l'école du scoutisme et en tirait une grande fierté. Notamment à cause de la formation humaine qu'il y avait reçue : à la Libération il avait - en compagnie de François Nourissier - participé à la mobilisation des jeunes scouts de Paris au service des rescapés de retour des camps, qui étaient accueillis au Lutétia. Cette expérience l'avait fortement marqué. Sous le pseudonyme de Bertrand Mézières, ce jeune homme désargenté et doué avait également écrit un roman pour la célèbre collection d'aventures « Signe de piste », Portés disparus (1958). Ce ne fut pas le seul livre qu'il écrivit sous le masque. En 1976, il avait rédigé un violent pamphlet contre le septennat de Valéry Giscard d'Estaing, signé Hasard d'Estin et intitulé Tout fout le camp.

 

Ces fantaisies étaient une autre facette d'un homme élégant et discret qui avait fait toute sa carrière au quotidien Le Monde, où il était rentré à vingt-deux ans. Il y avait notamment assuré la chronique des grands procès (1956-1959) et la critique théâtrale, à la suite de Robert Kemp (1960-1972), avant de succéder à Pierre-Henri Simon comme feuilletoniste du Monde des livres.

 

Il reçut en 1958 le prix Interallié, pour son roman Le Grand Dadais, écrit sur le mode primesautier de l'époque où l'on pouvait lire des phrases comme celles-ci : « Les jeunes feraient sûrement moins de bêtises si on leur montrait qu'en les commettant, ils n'inventent rien. » Parmi ses romans, on peut encore citer Les Grands de ce monde, L'Été 36, Le Golfe de Gascogne. Lauréat de l'Académie française pour son roman La Folle de Lituanie en 1970, il y fut élu en 1986 au fauteuil de Jacques de Lacretelle. Il y fut un membre assidu. Il reçut notamment ses cadets, Michel Serres, Érik Orsenna et René de Obaldia. Se souvenant du critique de théâtre qu'il avait été et de l'amateur qu'il était resté, il s'était notamment offert le luxe de rédiger en alexandrins de scène une partie du discours de réception de l'auteur de Du vent dans les branches de sassafras. Il était le père de la romancière Julie Wolkenstein.

Étienne de Montéty


Bertrand Mézières au Signe de Piste


Site du Figaro


Site des Scouts et Guides de France




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Communiqué des Scouts et Guides de France

Bertand Poirot-Delpech, décès d'un scout littéraire


Bertrand Poirot-Delpech est décédé mardi 14 novembre. Il était âgé de 77 ans. Ecrivain et chroniqueur littéraire du Monde, l'académicien appartient à une génération largement influencée par le scoutisme.
« Il avait été formé à l'école du scoutisme et en tirait une grande fierté », relève Etienne de Montety pour Le Figaro.

Le scoutisme, une expérience fondatrice
Feux de camp, engagements, vie d'équipe… Bertrand Poirot-Delpech croise alors François Nourrissier. Lorsque intervient
« le déchirant épilogue du retour des déportés », note sur son blog littéraire Pierre Assouline, les deux compères « apparaissent parmi les bénévoles chargés de l'accueil [ces] deux scouts qui vivront là des heures fondatrices ». Ils accueillent alors les rescapés de retour des camps au Lutétia.

Auparavant, le scoutisme a permis au futur académicien de monter sur les planches. Il adapte alors Le Prince Eric au théâtre avec sa troupe scoute parisienne de la paroisse Saint-Sulpice. Il rencontre à cette occasion Serge Dalens. Les deux hommes resteront liés après avoir participé ensemble au jamboree mondial de la paix à Moisson (1947) en tant que rédacteurs du journal de l'évènement.

Des planches à la plume
Dix ans plus tard, Bertrand Poirot-Delpech remet le manuscrit de
Portés disparus à Serge Dalens. « Un peu par jeu, pour voir si j'en étais capable et pour le bon plaisir de se voir imprimer. Je n'en suis pas spécialement fier, car ce n'était pas très bon. D'ailleurs je n'en étais pas du tout satisfait ! », confie l'académicien. Le livre sera publié sous le pseudonyme de Bertrand Mézières dans la collection « Signe de piste ».


www.signe-de-piste.com